• Chef privée · Grossesse & post-partum · Paris
  • Livré chez vous
  • Prêt à réchauffer en cinq minutes
  • Fait maison, de saison
  • Du fer, des protéines, de bons gras
  • Pas une casserole à laver
  • Sans engagement

Au deuxième enfant

Le diabète gestationnel, je l’ai eu.

Ce n’est pas un régime, c’est une répartition. Comment je construis une semaine quand les glucides doivent tomber au bon moment, et en quantité constante.

Au deuxième, j’ai eu un diabète gestationnel. Je sortais de quinze ans de cuisine professionnelle, je pensais savoir manger — et je me suis retrouvée avec un lecteur de glycémie, un carnet à remplir quatre fois par jour et la vague impression d’avoir fait quelque chose de travers. Je n’avais rien fait de travers. C’est une histoire d’hormones placentaires, pas de volonté.

Ce que j’y ai appris, c’est que la prise en charge n’est pas un régime. C’est une question de répartition. Et ça, c’est exactement le métier d’une cuisinière.

Comment ça arrive

Le dépistage se fait en général entre la 24e et la 28e semaine, par une hyperglycémie provoquée par voie orale — le fameux verre de glucose qu’on boit à jeun. Avec certains facteurs de risque, il arrive plus tôt. Ça concerne beaucoup de monde, et ça se résout presque toujours après l’accouchement ; votre équipe vous proposera un contrôle dans les mois qui suivent, parce que l’avoir eu augmente le risque de diabète de type 2 plus tard.

Un détail qui m’a rassurée et que personne ne m’avait dit : une partie des femmes ont besoin d’insuline en plus de l’alimentation. Ce n’est pas un échec du menu. Certains placentas sont têtus.

Ce n’est pas « moins de sucre »

La première erreur, celle que j’ai faite, c’est de supprimer. On enlève le pain, on enlève les pâtes, on enlève le dessert, et on se retrouve avec une glycémie du matin toujours trop haute et une fatigue de plomb. Couper les glucides trop bas fait fabriquer des corps cétoniques au corps, ce qu’on cherche justement à éviter pendant une grossesse. La prise en charge ne vise pas moins de glucides — elle vise des glucides répartis.

En pratique, la logique tient en quatre points, et c’est celle que je cuisine :

  • Trois repas, deux ou trois collations. Jamais de grand vide suivi d’une grande assiette. C’est le pic d’après-repas qu’on cherche à aplatir.
  • Une quantité de glucides constante d’un jour à l’autre. C’est ce qui rend les chiffres lisibles : si la portion bouge tout le temps, impossible de savoir ce qui a fait monter quoi. C’est là qu’un prestataire extérieur devient utile — je pèse, vous pas.
  • Des glucides lents, avec des fibres. Céréales complètes, légumineuses, pâtes cuites fermes — une pâte trop cuite fait monter la glycémie bien plus haut que la même pâte al dente.
  • Jamais un sucre tout seul. Le fruit en fin de repas plutôt qu’en milieu d’après-midi isolé, jamais de jus de fruit, et le dessert adossé à un laitage, un œuf ou une céréale.

Ce que ça donne dans mes plats

Rien de triste, et c’est tout l’enjeu. Le buddha bowl aux céréales complètes et légumineuses était déjà bon élève. Le hachis Parmentier, je le recompose : moins de purée, plus de viande et un légume vert à côté. Les desserts, je les rebâtis autour du fruit cuit, d’un laitage et d’un vrai gras plutôt qu’autour du sucre — le clafoutis et le cobbler s’y prêtent très bien, en baissant le sucre et en montant le fruit.

Et les collations deviennent stratégiques plutôt que facultatives. Le granola maison avec un yaourt nature, à heure fixe, fait plus pour une glycémie du matin qu’une privation au dîner.

Qui décide quoi

Vos objectifs glycémiques, votre répartition en grammes et l’éventuelle insuline, c’est votre diabétologue, votre sage-femme et votre diététicienne qui les fixent — jamais une page web, jamais moi. Mon rôle commence après : vous me donnez la consigne, je la rends mangeable et je la tiens sept jours sur sept. Pensez aussi à la marche après les repas, c’est le levier non alimentaire le plus efficace, et il ne coûte rien.

Pourquoi j’en parle sur mon site

Parce que l’annonce tombe souvent à la fin du sixième mois, au moment précis où l’on est le plus fatiguée, et qu’on vous remet une photocopie de conseils en vous souhaitant bon courage. Peser ses glucides quatre fois par jour quand on tient à peine debout, c’est beaucoup demander. Moi, j’ai pu le faire parce que c’est mon métier. La plupart des femmes n’ont pas cette chance — c’est une des raisons pour lesquelles je cuisine aujourd’hui pour les autres.

Si ça vous parle : voyez la carte, lisez la page sur le fer et les carences, ou racontez-moi simplement où vous en êtes.

Vous avez un carnet de glycémies ? Montrez-le-moi. Je cuisine avec.

Parlons-en